22/01/2010

La Fleur en Papier Doré


La Fleur en papier Doré Bruxelles

 

Il était un fois un petit estaminet, un peu magique, dans une rue pentue, à l'écart des lieux prestigieux de Bruxelles. Il a vu passer sur ses carrelages disjoints tout un cortège de grands artistes. Des surréalistes, tant et plus. Les dadaïstes y avaient leurs habitudes et le manifeste de CoBrA y a été rédigé. Christian Dotremont était un habitué. C'est là qu'Hugo Claus a fêté son premier mariage. Le dernier tabouret du comptoir était la place préférée d'Hergé et Pierre Alechinsky s’en souvient encore aujourd'hui de son passage en ces murs. Ce n'est qu'un survol rapide. Cet endroit qui est en lui-même une œuvre d'art a été construit, tableau après curiosité par un petit bonhomme tout rond qui, à défaut d'être un grand commerçant, souvent fauché, a connu et mis en contact tout le monde artistique de l'après-guerre. Michel de Ghelderode et Paul Klee, Klimt et bien d'autres. Il s'appelait Gérard van Bruaene (décédé en 1964). Ses photos sont encore un peu partout sur les murs. Et son esprit est toujours là, à La Fleur en Papier Doré.


 

En entrant dans la première des 3 pièces classées (3 juillet 1997) de l'estaminet, on se trouve face à ce vénérable poêle que les plus anciens clients ont connu rouge comme le diable les jours d'hiver. On ne l'allume plus et dans l'antre des surréalistes il est doublé, au creux de la cheminée, d'un discret radiateur.

Rouge comme le diable, dites-vous ? Il n'est besoin de croire ni à dieu ni à diable pour être ravis d'apprendre que ce monument a réchauffé, bien avant l'ouverture de La Fleur en Papier Doré (1947) des générations d'étudiants de l'ULB. Il trônait jusqu'à la fermeture en 1928 au cabaret "Le Diable(*) au Corps" 12, rue aux Choux. La construction de l'ULB au Solbosch ayant fait remonter les students loin du centre-ville, leur caberdouch préféré a fermé ses portes et l'Innovation, rue Neuve, a démoli les lieux pour s'agrandir, malgré les protestations des carabins de tous poils, et de bien d'autres Bruxellois. En janvier 1929, ce magnifique poêle a été vendu aux enchères pour le prix considérable à l'époque, de 1.000 francs. Qu'est-ce que les amoureux de la Fleur en Papier Doré aimeraient savoir quels chemins détournés l'ont amené jusqu'ici...

(*) tiens, lui encore !

Texte : Monique Vrins

 

Commentaires

splendide lieu et photo , une petite merveille , bonne soirée , bisous

Écrit par : yepa | 22/01/2010

La photo est très belle, Un de mes endroits préférés depuis plus de 40 ans.

Écrit par : Nelly | 22/01/2010

Coucouuu c'est où ? ça existe encor' ?
Bonne soirée Charles :)
gros bisous

Écrit par : bio | 22/01/2010

Bonjour Charles, Un lieu magique où plane les âmes de tous ces artistes qui l'on fréquenté. Superbe et merci pour ce partage. Bonne journée.

Écrit par : tede | 23/01/2010

Charment.

Écrit par : chacha | 23/01/2010

Un cadre qui m'a l'air vraiment sympatique.
Une certaine atmposphère.

Écrit par : tce76 | 24/01/2010

j'adore ce lieu

Écrit par : Danielle | 26/01/2010

Bonsoir Charles C'est super ! Quelle ambiance !
C'est Bruxelles tout simplement...
@+Jacques et Chantal

Écrit par : Jacques et Chantal | 27/01/2010

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